Sortie à Saint-Savinien

le 16 juillet 2016

Quarante six fidèles et amis de notre association avaient rendez-vous sur la place du village du Mung où les attendait Monsieur Jean-Louis Richaudeau, sympathique  maire de la commune   depuis plus de 20 ans, à l’origine de      travaux d’entretien importants dans cette église : nettoyage des murs, consolidation de plusieurs éléments victimes des outrages du temps, aménagement du balet…

 

 

 

Omer Baudry et Jacques Guymard, après plusieurs visites en compagnie de Jean-Louis Richaudeau connaissent bien le site qu’ils ont regardé de près, dans l’église, dans le clocher, aux alentours et  dans le pré où s’alignent de          nombreuses sépultures. En réalité nous explique le maire, ces cénotaphes et ces pierres tombales ont été rassemblés ici, sous sa mandature, dans ce qui était  jadis l’ancien cimetière, et récupérés dans le village où, au fil des temps, ils avaient été détournés par des habitants. Ainsi une nécropole a été, en quelque sorte, reconstituée, redonnant une respectueuse et émouvante dignité aux défunts. Certaines gravures sur ces pierres tombales restent mystérieuses ; appartenance religieuse ? symboles philosophiques ? témoins d’un métier ? La    question est posée, les recherches continuent.

 

 

 

D’emblée Jacques et Omer expliquent que contrairement à ce qui est affirmé par Wikipédia, cette église n’est pas d’origine templière ; les chapelles et     églises templières ont des caractéristiques très particulières que l’on retrouve partout dans notre région : Cressac, Angles…(16), Clion, Chierzac, Lugeras…(17). Jacques conseille de s’arrêter à la chapelle de Magrigne (33), sur la route nationale qui mène à Bordeaux, à 90 km de Royan; le bâtiment en parfait état est magnifique dans son élégance et son austérité un peu cistercienne. Il donne une excellente image d’une église templière.

 

Nos deux cicérones pensent que l’église Notre Dame du Mung est du XIIe siècle, qu’elle est nettement romane et Omer précise que le chevet, lui, est du XVe  siècle ; ils rappellent que les églises d’Aunis et Saintonge ont subi des tourments lors de la Guerre de Cent ans et tout au fil de notre Histoire; et, selon eux, la très belle clé de voûte, qui porte un blason en parfait état avec ses fleurs de lys témoigne de l’allégeance du seigneur des lieux au roi de France enfin débarrassé des anglais (voir le bel ouvrage de Yves Blomme, L’architecture gothique en Saintonge et Aunis).

 

 

 

Puis nous nous sommes dirigés vers Saint-Savinien, sur la très verdoyante   prairie de l’île de la Grenouillette – autrefois marécage boueux, puis comblé grâce aux lests des bateaux qui, après leurs périples océaniques, venaient accoster dans ce port fluvial, très fréquenté jusqu’au XIXe siècle, pour charger dans notre belle et hospitalière Charente, les produits très recherchés de la région : le sel, les pierres de construction, le vin, l’alcool… Là, le traditionnel apéritif   préparé par Michel et Nicole son épouse , a été servi et chacun, sous un soleil de plomb s’est promptement sustenté.

 

L’après-midi, grâce à l’entregent d’Omer, nous avons visité, sous la conduite de Monsieur De Clédat, son dynamique et fort accueillant propriétaire, l’impressionnant château de La Cave, magnifiquement restauré. Quel travail !  Quel beau travail ! Dans ces murs où se côtoient six siècles d’Histoire de France.

 

 Puis Monsieur Gérard Trélon, notre guide savinois, nous a fait visiter sa jolie petite ville. Au fil des rues et des quartiers, sur les bords de la Charente, sur les traces des armateurs, des bateliers, des anciens chantiers navals, puis auprès de l’ancienne abbaye de Augustins, du vieux cimetière protestant, et enfin de la majestueuse église. Nous avons été séduits par son érudition, fruit d’années de lectures et de recherches, par la clarté de ses propos, la pertinence de ses anecdotes et par son amabilité. Notre visite s’est achevée sur le parvis de l’église, d’où l’on embrasse un magnifique panorama sur le fleuve et, pour ceux qui avaient le temps, par la visite du petit mais riche Musée des Amis de Saint-Savinien sur le bord de la « plus jolie rivière du royaume ».

 

Qu’il s’agisse d’une pensée d’Henri IV ou de François Ier, on est enclin à le penser.

 

                                                                                                                Jacques Guymard